voie verte de la ligne Caen Flers 2

En remontant vers Saint RĂ©my sur Orne

Au départ de Thury-Harcourt, la voie verte longera dans quelques temps la voie ferrée en direction de Saint Rémy sur Orne.

En attendant, je vous propose de faire le voyage en lecture.

Thury-Harcourt nous quitte par un beau barrage qui forme plan d'eau.

La plateforme longe l'ancien domaine de la maison ducale des Harcourt dont une passerelle permet de passer au dessus la voie ferrée.

La vallée s’élargit, permettant de découvrir au lointain de belles buttes coiffées de sapins et notamment celle qui est dominée par la célèbre chapelle de Bonne Nouvelle.

Nous traversons l'orne une première fois depuis Thury-Harcourt au viaduc du Parc.

A Caumont sur Orne, on atteint le fond de l'ancien delta marin de l'orne.

Il est possible par le chemin de terre qui coupe la voie ferrĂ©e de rejoindre Ă  200m la ruine Bourdinier et d'admirer la vue sur le barrage de Caumont sur Orne

Nous changeons Ă  nouveau de rive au pont de la mousse.

L'endroit fort agréable est animé à la belle saison.

Sur le bord de la rivière, des petites baraques de rive rappellent le temps des loisirs et le doux ruissellement de l'eau dans la continuitĂ© du barrage en amont inspire Ă  se poser quelques instants.

La carrière de pierre de schistes verts du Pont de la mousse

Ă©tait encore utilisĂ©e notamment pour la fabrication de cheminĂ©e, dallage et moellons il n'y a pas si longtemps, rĂ©vèle des traces d'activitĂ© animale très ancienne.

Nous croisons la première maison de garde barrières depuis Thury-Harcourt, repère de l'arrivĂ©e prochaine Ă  Saint RĂ©my sur Orne dans un petit kilomètre...

Après avoir longĂ© l'orne depuis le barrage du pont de la mousse, le concasseur indique notre prĂ©sence sur l'ancien site minier.

Saint Rémy sur Orne fut le principal foyer industriel de la vallée.

Elle produisait le minerai le plus riche de Normandie depuis 1875.

L'extraction des grès schisteux particulièrement solide du Pont de la mousse est encore plus ancien, elle remonterait aux années 1600.

Une petite entreprise, les cheminées Jean Valogne qui ont équipé nombre de bâtisses dans la suisse normande a continué d'exploiter ce gisement.

Lors de mon passage, il semble que cette entreprise ai aussi disparu.

Également ancienne, l'entreprise Gosselin/Froger, spécialisée dans la fabrication de pansements et de cotons hydrophile fut installée en 1860 pour une histoire de 130 ans le long de l'orne, utilisant l'eau, son barrage devenu inutile fut détruit en 2012 .

La commune de Saint Rémy sur Orne avec le concours du syndicat du val d'orne créa une zone industrielle entre l'orne et la voie ferrée.

Au plus fort de l'activité une dizaine d'entreprises s'y sont installées.

Deux de ces sociétés prirent en son temps une importance :

la société métallurgique du val d'Orne et la compagnie industrielle de mécanisme.

De nos jours, la vision de l'ancienne zone ressemble Ă  un dĂ©sert industriel.

Quand les anciens racontent leurs histoires...

Dans la boite Ă  chaussure dĂ©couverte dans le grenier, extrait d'un document, d'un moment de vie retrouvĂ©.

Le temps de trajet Ă©tait suffisamment long entre Caen et Flers pour papoter un peu.

J'aimai me retrouver dans un compartiments avec d'anciens cheminots de la voie, ils avaient toujours une histoire Ă  conter.

Le must était d'écouter les anecdotes, il faut dire qu'avec temps d'années d’existence la ligne en possédait beaucoup.

Le plus terrible fut quand les trains s'arrĂŞtèrent Ă  la fin des annĂ©es 80, bon nombre d'entre nous avait pris l'habitude de se retrouver Ă  bord de ces convois qui circulaient sur la voie deux Ă  trois fois par an.

Pour rien au monde nous n'aurions oublié d'acheter notre billet pour cet événement si rare et à la fois si constant dans le temps.

Il faut dire que depuis 1970, le service voyageurs avait disparu mais ces petits trains maintenaient un semblant d'activitĂ© rendant l'atmosphère nostalgique et renforçant le temps de anecdotes, un temps si prĂ©cieux que j'apprĂ©ciai et que je n'ai jamais retrouvĂ©.

Quelques anecdotes me reviennent à l'esprit, certainement pour m'avoir , allez savoir pourquoi, marqué plus que d'autres.

En les Ă©crivant, j'ai l'impression de refaire un retour dans le train de ma jeunesse sur la ligne Caen-Flers, image d'un passĂ© rĂ©volu.

" Pendant les jours noirs des annĂ©es de guerre, un cheminot de la ligne se rappelle que le tunnel des gouttes Ă©tait un vĂ©ritable viviĂ© ou se trouvaient des truites aveugles vivant dans le ruisseau qui longeait la voie. Il parait que ses truites Ă©taient dĂ©licieuses. En tout cas, en temps de guerre un plat amĂ©liorĂ© ne peut ĂŞtre qu'un rĂ©gal pour les pauvres gens.

Y aurait il encore des truites aujourd'hui, personne n'a Ă©tĂ© voir, mais le sujet est ouvert.... "

" Un mĂ©canicien de Flers raconte l'histoire d'un train que l'on appelait la chatouillette.Il rigole et nous dit; on aurait mieux fait de le baptiser le calva. Une chose est certaine, au regard de son visage je me dis, lui a du y goutter. Comme pour se remonter le moral, il sort de sa poche une petite bouteille d'alcool et prend une gorgĂ©, la messe est dite, c'est sur ..."

Clécy, capitale de la suisse normande

Quittant Saint Rémy en direction de la capitale de la suisse normande, après le passage à niveau n°25, la ligne tourne délibérément vers l'est abordant dès lors la partie la plus majestueuse.

Nous passons les anciens sites de la carrière de la vallée qui disposait d'un embranchement particulier.

Devant nous, les collines se font plus hautes, devenant des petites montagnes, nous sommes au coeur de la suisse normande.

La halte de la Serverie dite de Clécy Bourg permet d'accéder aux rochers de la Houle et au pain de sucre dont la montée vaut le détour.

Cette halte, qui dĂ©livrait des billets, ouverte en 1890, alors que ClĂ©cy avait une autre gare au lieu de la Lande, fut construite au regard de l'Ă©loignement de la gare d'origine de ClĂ©cy.

La capitale a donc l'honneur d'avoir deux points d’arrêt sur sa commune.

A partir de la Halte de Clécy Bourg, la ligne aborde une longue rampe qui va lui permettre de franchir la rivière une dernière fois et de quitter ainsi la vallée de l'orne.

Juste avant le viaduc, il est possible de rejoindre les rochers des parcs pour profiter d'un panorama exceptionnel en comptant 20mn de marche.

Du haut la vision sur le viaduc de la Lande n'en est que plus magnifique.

Insolite, en continuant sur le chemin, vous dĂ©couvrirez un curieux tombeau cachĂ© en pleine nature, il s'agit du tombeau de Gaston Morin dont l'histoire vaut le dĂ©tour...

Retournons sur la ligne Caen-Flers.... du viaduc en calcaire qui représente le plus grand pont de la voie ferrée, s'étend à gauche les rochers du Parc, barre imposante devenue centre d'escalade.

C'est ici que l'orne a le plus cisaillé son obstacle majeur, en profitant de fractures, de l'étroitesse de la barre et de la forte alimentation de ses eaux renforcées par celles du Noireau.

Cet obstacle, la voie ferrée a du la surmonter par la construction d'un des plus grand tunnel de l'ouest de la France, le tunnel des gouttes.

C'est à la sortie de la gare de La Lande Clécy qu'il se présente, et c'est ici que se termine notre voyage sur la voie verte de la ligne Caen-Flers.

La gare de la Lande ClĂ©cy est de nos jours utilisĂ©e au regard de son isolement et de la tranquillitĂ© par les centres de vacances SNCF.

Cette petite gare a eu comme principale activitĂ© de desservir l'embranchement de l'usine de la Bataille, dont on peut encore observer les ruines parmi la vĂ©gĂ©tation.

Après le tunnel, la ligne bascule dans la vallée du Noireau pour une autre aventure...

L'usine Gosselin Froger

Dernière usine utilisant encore les services de la ligne Caen-Flers sur la section Saint Rémy-Feuguerolle, elle fut une entreprise importante depuis le début du 19eme siècle. La société Gosselin y exploite une manufacture de coton. Celle ci a été installée en bordure de l'orne dont elle utilisait le potentiel via une turbine.

Elle possédait aussi un embranchement particulier qui la relier à la ligne Caen-Flers.

Fleuron de l'activité industrielle de la région, la tempête de 1999 a gravement endommagé ses installations hydrauliques, obligeant l'arrêt de la turbine en 2004.

Le choix de l'effacement du site s'est alors posĂ©. L'usine mĂ©rite le dĂ©tour avec son manoir de style nĂ©o normand  nichĂ© dans un petit parc Ă  l'Anglaise situĂ© dans son enceinte.

L'opération a permis de rendre fonctionnelle des frayères salmonicoles dès l'ouverture du barrage.

Un bras mort a également été conservé en amont.

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